L’Islande attire chaque année davantage de visiteurs et la Route 1 sature dès juin sur ses tronçons sud. Rester scotché à la côte, c’est ignorer les déserts noirs, les volcans actifs et les pistes F qui dessinent l’âme brute du pays. Vous risquez de rentrer avec l’impression d’avoir vu une carte postale au lieu d’une terre vivante. Voici un itinéraire de dix jours qui combine Ring Road et incursions intérieures pour saisir l’île dans toute sa diversité.
Sommaire de l'article
Préparer son road trip islandais
Un voyage en Islande réussi se joue avant le départ. Le choix du véhicule, la fenêtre saisonnière et la logistique conditionnent l’accès aux paysages les plus spectaculaires. Anticiper ces paramètres évite les déconvenues sur place et permet d’optimiser chaque journée derrière le volant.
Choix du véhicule 2WD ou 4WD
Le choix du véhicule conditionne entièrement votre itinéraire. Une berline 2WD suffit pour parcourir le Ring Road bitumé en été, mais elle reste interdite sur les pistes F des Highlands. Pour accéder à Landmannalaugar ou Þórsmörk, un 4×4 surélevé est obligatoire selon la loi islandaise.
Comptez environ 80 à 120 euros par jour pour un Dacia Duster, contre 40 euros pour une citadine. L’écart de budget se justifie largement par la liberté gagnée. Vérifiez toujours la couverture gravel et sandstorm de l’assurance, deux risques fréquents.
Les campervans aménagés séduisent les voyageurs qui veulent gagner en flexibilité totale sans réserver d’hébergement. En revanche, leur consommation et leur prise au vent sur les ponts à voie unique demandent vigilance, surtout dans les fjords étroits où les rafales atteignent régulièrement 100 km/h.
Saisonnalité et accès aux pistes F
Les pistes F n’ouvrent généralement qu’entre mi-juin et mi-septembre, selon la fonte des neiges et l’état des gués. Vegagerðin, l’office des routes, publie chaque matin une carte officielle des ouvertures qu’il faut consulter avant tout départ vers l’intérieur.
L’été offre le soleil de minuit et un accès maximal, mais la fréquentation explose. Septembre représente un compromis idéal : pistes encore ouvertes, premières aurores boréales et tarifs en baisse. L’hiver, en revanche, ferme totalement les Highlands et impose des pneus cloutés sur la Ring Road.
| Ville | Attractions | Activités | Budget approximatif | Saison recommandée |
|---|---|---|---|---|
| Reykjavik | Culture, vie nocturne | Musées, restaurants | €€€ | Été |
| Akureyri | Nature, cascades | Randonnées, excursions | €€ | Printemps |
| Vík | Plages, formations rocheuses | Photographie, balade | € | Été |
| Höfn | Glaciers, fjords | Trekking, kayak | €€ | Automne |
| Egilsstaðir | Paysages sauvages | Randonnées, détente | €€ | Printemps/Hiver |
Sud emblématique de Reykjavík à Höfn
Les premiers jours filent le long de la côte sud, l’axe le plus visité du pays. Cascades géantes, plages noires et lagune glaciaire s’enchaînent sur 450 kilomètres de route panoramique. Partez tôt pour devancer les bus de Reykjavík.
Cercle d’or et Geysir
Classique mais incontournable, le Cercle d’or condense trois sites majeurs accessibles en une journée depuis Reykjavík. Þingvellir, où la dorsale médio-atlantique affleure à ciel ouvert, mérite deux heures de marche entre les failles tectoniques visibles à l’œil nu.
Le geyser Strokkur jaillit toutes les six à dix minutes jusqu’à vingt mètres de hauteur. Son grand frère Geysir, désormais dormant, a donné son nom au phénomène mondialement. La cascade Gullfoss complète le triptyque avec ses deux paliers vertigineux.
Côte sud et cascades
Seljalandsfoss et Skógafoss marquent l’entrée dans la côte sud. La première se contourne par l’arrière, ce qui crée une expérience visuelle unique au monde, à condition d’accepter quelques éclaboussures glacées sur l’objectif de votre appareil.
Reynisfjara, plage de sable noir bordée d’orgues basaltiques, impressionne autant qu’elle inquiète. Ses vagues sneaker emportent chaque année des visiteurs imprudents : restez à plus de trente mètres du ressac. Le village voisin de Vík sert de base logistique avec stations-service et hébergements variés.
Lagune glaciaire de Jökulsárjón
À Jökulsárlón, des icebergs translucides dérivent depuis la langue glaciaire du Breiðamerkurjökull jusqu’à l’océan. La traversée du chenal puis le dépôt des blocs sur la plage de diamants noire offrent l’un des spectacles les plus photogéniques d’Islande, particulièrement au lever du jour.
Les excursions en zodiac entre les glaciers permettent d’approcher les phoques curieux qui colonisent la lagune. Comptez 60 à 80 euros pour 40 minutes. Une alternative plus calme consiste à rejoindre Fjallsárlón, sa petite sœur méconnue, située dix kilomètres plus à l’ouest.
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Est et nord moins fréquentés
Passé Höfn, la fréquentation chute brutalement. Les fjords de l’est puis le nord volcanique offrent une Islande plus intime, où l’on croise davantage de moutons que de voitures de location sur les routes secondaires sinueuses.
Fjords de l’est
La route 1 serpente le long de fjords profondément découpés entre Djúpivogur et Egilsstaðir. Le détour par Seyðisfjörður, village d’artistes coloré au bout d’un fjord, justifie largement le col enneigé qu’il faut franchir pour l’atteindre depuis la nationale.
Les randonneurs apprécieront les sentiers de Borgarfjörður Eystri où nichent des dizaines de milliers de macareux entre mai et août. Cette région reste l’un des secrets les mieux gardés du pays, avec une densité touristique cinq fois inférieure à celle du sud.
Mývatn volcanique
La région du lac Mývatn concentre un condensé géothermique exceptionnel : pseudo-cratères, champs de lave torturés de Dimmuborgir, solfatares fumants de Hverir et bains naturels laiteux. Comptez deux jours pleins pour en faire le tour sans courir.
La puissante chute de Dettifoss, à 45 minutes en voiture, projette 500 mètres cubes d’eau par seconde dans un canyon de basalte. Krafla et son cratère Víti complètent ce festival volcanique. Les sources chaudes naturelles de Grjótagjá, immortalisées par une série célèbre, restent visitables mais interdites à la baignade.
Akureyri et Tröllaskagi
Akureyri, capitale du nord, offre une pause urbaine bienvenue avec ses cafés, sa cathédrale et son jardin botanique arctique. La péninsule voisine de Tröllaskagi déroule des paysages alpins maritimes spectaculaires entre Siglufjörður et Hofsós, deux anciens ports de hareng reconvertis avec goût.
Les amateurs de baignade ne manqueront pas la piscine à débordement de Hofsós, perchée face au fjord Skagafjörður. C’est l’une des plus belles infrastructures thermales du pays, à un tarif dérisoire de 1000 couronnes.
Incursion dans les Highlands centraux
C’est l’angle que peu d’itinéraires osent. Bifurquer une journée ou deux vers les Highlands transforme radicalement le voyage en Islande standardisé. Landmannalaugar dévoile ses montagnes rhyolitiques striées de jaune, rouge et vert, suivies d’un bain dans une rivière naturellement chaude.
Kerlingarfjöll, plus au nord, propose un décor alternatif tout aussi grandiose avec ses fumerolles et ses crêtes acérées. La piste Kjölur traverse l’île du nord au sud sur 200 kilomètres de désert minéral absolu. Pour des conseils logistiques détaillés sur la location 4×4 et les gués à franchir, le site Les Prises recense les retours d’expérience de voyageurs récents.
Prévoir une nuit dans un refuge du Ferðafélag Íslands rend l’expérience encore plus immersive. Les places partent six mois à l’avance pour la haute saison.
Aurores boréales et fenêtres d’observation
Les aurores boréales s’observent entre septembre et avril, lorsque les nuits redeviennent suffisamment sombres. L’indice Kp publié par l’Office météorologique islandais et la couverture nuageuse conditionnent vos chances : un Kp de 3 suffit souvent dans les zones rurales sans pollution lumineuse.
Éloignez-vous d’au moins vingt kilomètres des villes, orientez-vous plein nord et armez-vous de patience. Les meilleures fenêtres se situent entre 22 heures et 2 heures du matin. Une application comme My Aurora Forecast envoie des alertes en temps réel, particulièrement utile en road trip itinérant.
Recommandations de Visit Iceland sur le voyage responsable
L’office du tourisme Visit Iceland a mis en place le Icelandic Pledge, un engagement signé par les visiteurs à respecter la nature et la sécurité. Restez sur les sentiers balisés : la mousse volcanique met cinquante ans à repousser après un simple piétinement.
Ne campez que dans les emplacements autorisés depuis la loi de 2015. Évitez de survoler les sites avec un drone sans autorisation et respectez la distance minimale avec la faune. Privilégiez les hébergements certifiés Vakinn, gage d’un tourisme local mieux réparti économiquement sur l’ensemble du territoire.
Compléter par un séjour dans la péninsule de Snæfellsnes
Surnommée l’Islande en miniature, la péninsule de Snæfellsnes condense en deux jours glaciers, plages noires et falaises spectaculaires. Le volcan Snæfellsjökull domine l’horizon ouest, immortalisé par Jules Verne dans son Voyage au centre de la Terre.
Kirkjufell, montagne pyramidale photographiée des millions de fois, marque l’arrêt obligatoire à Grundarfjörður. Les villages côtiers d’Arnarstapi et Hellnar se relient par un sentier littoral d’une heure. Djúpalónssandur, plage de galets noirs jonchée des restes d’un chalutier anglais, clôt magnifiquement ce parcours circulaire avant le retour vers Reykjavík par le tunnel sous-marin du Hvalfjörður.