Vous cherchez un trail valaisan inspirant et beaucoup d’épreuves vous échappent encore. Résultat, vous risquez de vous inscrire à une course bondée, peu authentique, loin des sommets qui font vibrer. Pire, votre saison estivale passe sans cette expérience marquante en altitude qui transforme un coureur. Voici une sélection de six épreuves emblématiques, accessibles à différents niveaux, pour vivre un été de course en montagne mémorable.
Sommaire de l'article
Sierre-Zinal, l’épreuve mythique
Impossible de parler de trail dans le Valais sans évoquer Sierre-Zinal. Cette course relie deux mondes, la plaine du Rhône et le fond du Val d’Anniviers, sur 31 kilomètres avec 2200 mètres de dénivelé positif élevé. Elle attire chaque été les meilleurs coureurs mondiaux, mais reste ouverte aux passionnés via la version Tourisme moins chronométrée.
Histoire de la course des cinq 4000
Créée en 1974 par Jean-Claude Pont, la course des cinq 4000 doit son surnom au panorama exceptionnel offert depuis la crête de Sorebois. Le coureur y aperçoit le Weisshorn, le Zinalrothorn, l’Obergabelhorn, le Cervin et la Dent Blanche.
L’épreuve a vu défiler les plus grands noms, de Jonathan Wyatt à Kilian Jornet. Son prestige international unique repose sur cinquante ans d’histoire ininterrompue, un parcours immuable et une ambiance villageoise rare dans le circuit moderne.
Profil et stratégie de course
Le départ Sierre se fait à 585 mètres d’altitude et grimpe sec jusqu’à Ponchette. La première heure réclame une gestion stricte de l’effort, sous peine d’exploser avant le point haut situé à 2425 mètres. Les coureurs aguerris adoptent la technique du petit pas dès les premières rampes.
L’arrivée Zinal intervient après une longue descente engagée que beaucoup redoutent. Privilégiez une semelle accrocheuse, prévoyez deux flasques souples remplies à chaque ravitaillement liquide, et glissez deux barres de céréale dans votre gilet d’hydratation pour tenir jusqu’au bout.
| Nom du Trail | Difficulté | Distance | Dénivelé | Durée |
|---|---|---|---|---|
| Trail des Alpes | Modéré | 15 km | 800 m | 2h |
| Sentier du Valais | Difficile | 20 km | 1200 m | 3h30 |
| Chemin Montagnard | Facile | 10 km | 300 m | 1h15 |
| Randonnée du Rhône | Modéré | 18 km | 950 m | 2h45 |
| Parcours des Vignes | Facile | 8 km | 150 m | 1h |
Trail Verbier Saint-Bernard, le festival d’été
Organisé début juillet dans la vallée de Bagnes, cet événement transforme la station de Verbier en capitale européenne du trail pendant cinq jours. Le format festival multiplie les distances et crée une émulation rare, où familles, débutants et ultra-traileurs partagent les mêmes sentiers techniques face au massif du Grand-Combin.
Les distances disponibles
Le festival propose plusieurs formats répartis sur le week-end :
- La X-Alpine, 140 kilomètres et 8800 mètres de dénivelé, réservée aux ultra-traileurs expérimentés
- La X-Traversée, 73 kilomètres entre Italie, Suisse et France via plusieurs cols
- Le Marathon de Verbier, 43 kilomètres techniques autour des Combins
- La Verbier-Grimentz, 33 kilomètres en boucle sur balcons panoramiques
- La Liddes-Verbier, 17 kilomètres idéale pour découvrir le trail
Pourquoi y participer
L’ambiance festive distingue ce rendez-vous des courses classiques. Le village d’arrivée vibre jour et nuit, les ravitaillements regorgent de spécialités locales et chaque finisher reçoit un dossard collector recherché. Les organisateurs soignent aussi le balisage trail, particulièrement utile en cas de brouillard sur les hauteurs.
C’est l’occasion idéale pour combiner course et exploration. Avant ou après votre épreuve, profitez d’un footing d’éveil sur les sentiers qui croisent certains des itinéraires alpins les plus célèbres du pays. La vallée se prête merveilleusement à un long séjour sportif.
Calculateur de Temps et Ravitaillement Trail Valais
Estimez votre temps et planifiez vos ravitaillements
Trail des Patrouilleurs des glaciers en version été
La célèbre Patrouille des Glaciers militaire se court en hiver, à ski-alpinisme. Mais une version estivale, plus confidentielle, propose aux coureurs de suivre ce tracé légendaire entre Zermatt et Verbier. C’est une aventure exigeante, longue de 53 kilomètres, qui réclame un plan d’entraînement spécifique et une préparation logistique rigoureuse.
Le tracé inspiré de l’épreuve militaire
Le parcours franchit plusieurs cols à plus de 3000 mètres, dont le col de Riedmatten et la Rosablanche. Le terrain alterne single track aérien, pierriers et passages câblés. Une fenêtre météo stable est obligatoire pour s’engager sereinement, et le matériel obligatoire imposé par l’organisation reflète la sévérité du milieu de haute montagne.
La préparation cartographique fait partie intégrante du défi. Savoir interpréter les courbes de niveau permet d’anticiper les portions raides et de doser son énergie en conséquence. Beaucoup de coureurs sous-estiment cet aspect, persuadés que le balisage suffira. C’est une erreur sur ce type de tracé d’altitude où les conditions changent vite et où chaque économie de course compte.
Trail du Dahu à Crans-Montana
Moins médiatisée que Sierre-Zinal, l’épreuve du Dahu offre une formidable porte d’entrée vers le trail valaisan. Trois distances structurent la journée, de 14 à 42 kilomètres, traversant les bisses séculaires du Haut-Plateau. Le parcours mélange forêts d’arolles, alpages et crêtes panoramiques face aux Alpes bernoises et au massif du Mont-Blanc.
Le format reste convivial, avec un village d’arrivée animé et des ravitaillements généreux. Les sentiers techniques alternent avec des portions plus roulantes où vous pouvez relancer en négatif progressif. C’est aussi un excellent terrain pour intégrer des séances de fartlek montagnard à votre préparation, en exploitant les bosses naturelles que multiplie le plateau.
Trail de l’Œil du Berger à Anzère
Cette course confidentielle séduit par son cadre intimiste et son tracé exigeant. Le format propose deux distances, 12 et 28 kilomètres, autour du lac glaciaire qui donne son nom à l’épreuve. La transition descente après le sommet teste les cuisses et impose une vraie technique pour éviter la casse musculaire.
Anzère reste une station familiale, parfaite pour combiner course et récupération. Pour anticiper la difficulté réelle du parcours, mieux vaut comprendre comment évaluer une montée avant le départ. Le tableau de marche se construit autour de cette donnée, croisée avec la distance et le profil exact.
Les coureurs locaux recommandent une longue sortie hebdomadaire de trois à quatre heures dans les six semaines précédentes, complétée par du repos actif entre les blocs intensifs. Cette progression évite les blessures et installe une endurance solide pour aborder sereinement les 1900 mètres positifs cumulés.
La méthode dite du passé-présent pour gérer mentalement la course
Peu de blogs trail abordent ce sujet, pourtant les performances en altitude se jouent autant dans la tête que dans les jambes. Cette technique mentale, issue du sport de haut niveau, évite l’effondrement psychologique qui touche tant de coureurs en seconde moitié d’épreuve, quand la fatigue brouille la lucidité et tente d’imposer l’abandon.
L’ancrage sur les kilomètres parcourus
Le principe consiste à se concentrer sur le chemin déjà accompli plutôt que sur ce qui reste. À mi-course, plutôt que de penser « il reste 15 km », formulez intérieurement « j’ai déjà encaissé 15 km, je peux refaire la même chose ». Cette bascule cognitive simple réduit immédiatement la charge mentale perçue.
Les ultra-traileurs entraînent cette compétence en sortie longue, en se répétant l’effort déjà fourni chaque heure. La technique fonctionne particulièrement bien dans les portions ingrates, plats venteux ou faux-plats descendants, où le corps n’a plus de stimulation variée.
La projection sur le prochain ravitaillement
Le second pilier découpe la course en mini-objectifs. Vous ne courez plus 42 kilomètres, vous courez jusqu’au prochain poste, distant de 6 à 10 kilomètres. Ce fractionnement mental puissant réduit l’angoisse de la distance globale et redonne du contrôle.
À chaque ravitaillement, prenez trente secondes pour vous recentrer, avalez un gel énergétique, remplissez une flasque souple et repartez avec une intention claire pour le segment suivant. Cette routine devient un rituel apaisant que vous pouvez tester durant vos sorties préparatoires.
Les recommandations de Marc Lauenstein, ultra-traileur valaisan reconnu
Marc Lauenstein, vainqueur de Sierre-Zinal et figure majeure de la scène helvétique, partage régulièrement ses conseils auprès des coureurs amateurs. Sa philosophie repose sur la régularité plutôt que sur le volume brut. Mieux vaut quatre sorties cohérentes par semaine que sept séances mal récupérées qui mènent droit à la blessure.
Il insiste également sur la spécificité montagnarde. Une côte courte intensive de 200 mètres répétée six fois prépare bien mieux qu’un long footing plat, même de durée équivalente. Le corps doit apprendre à monter, descendre, relancer en pente, gérer les changements de pied sur terrain irrégulier. Cette préparation ciblée fait la différence le jour J.
Enfin, Marc rappelle que le plaisir prime. Choisir une épreuve par envie, pas par prestige, garantit une saison réussie. Pour explorer d’autres terrains de jeu inspirants en Suisse, le magazine outdoor Les Prises regorge d’itinéraires et de conseils pratiques. Préparez votre matériel, vérifiez la météo et lancez-vous : le Valais vous attend.